Lundi 15 août 2011
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J’ai toujours aimé lire dans le brouhaha du monde, et plus particulièrement dans les transports en communs, je
dois avouer une certaine tendresse pour ces jeunes filles qui s’échinent à lire la moitié d’une fesse sur le bord d’un strapontin dans le tramway aux heures d’affluences .Ce matin le
tangage du bus 95 rythme ma lecture des « Cavaliers » de Joseph Kessel, cette œuvre majeur dédaignée des grand intellectuels sur un Afghanistan disparu alimente ma mélancolie ,je
repense aux dernières appréciations de Lévi Strauss sur notre monde( ) à cette spirale du vide de la mondialisation entraînant dans son siphon tout ce qui fait une culture une
nation un homme un artiste .Dans les odeurs de chlore et d’eaux de toilettes bon marché il me vient des grandes pensées sur la vie, le monde qui me saoule comme un vin chaud d’hivers .Le
bus expire au terminus, durant le voyage le livre est resté ouvert à la même page ,les portes du bus claquent laissant entrer un courant d’air frais de zone industriel qui balaie ces
rêveries idiotes .J'aurai aimé savoir écrire à la Française comme Soler pour plaire au filles, oh pas à toutes, au moins à celles comme ma banquière , des discrètes, des besogneuses, grignettes
comme ma première amoureuse quand j'avais seize ans qui était pensionnaire et que j'embrassais à travers les barreaux du pensionnat , on était dans la même classe elle avait les joues rouges que
le grand air fait aux peaux trop fines et trop blanches, elle me disait que je n'avais rien à faire avec une fille comme elle , qu'elle ne lisait pas et qu'il fallait que je trouve quelqu'un
comme moi , mais moi je ne voulais pas quelqu'un comme moi je voulais quelqu'un comme elle ...cela m'aurai suffit. Peut etre que devenir écrivain c'est ne plus être transparent, etre celui à
qui l'on dit "monsieur quelle monde merveilleux vous avez dans votre tête, a vous voir on aurai pas cru ".Etre un "french scriver", ça lui réussi bien à Soler lui qui ressemble à un pot à tabac
qui fume un porte cigarette ça lui donne du charme, il prend des grand airs inspirés pour parler litterature avec un oeil coquin qui semble jouer avec les mots que pour mieux jouer
avec les cheveux des filles. Mais moi rien, je ne sais que lire, je n'ai pas l'imperieuse nécessité d'ecrire, d'ailleurs je n'ai d'imperieuse necessité pour rien et a part pour les filles cela me
convient tres bien.
Quand j’arrive, dans l'entrebaillement de la porte du bureau, je ne vois que la « compagne" du patron.Plus
jeune que lui elle a le charme des muses romantiques slaves, de grand yeux noirs mélancoliques sous une longue chevelure bouclée.Elle m'accueille presque fraternellement avec un sourire de la
discretion joué des femmes sur de leur beauté.Je n’ai jamais aimé le goût obscur du
romantisme, cette absence d'ici pour un monde meilleur ailleurs ,il n'y a pas plus d'ailleurs que de maintenant .
- - Mon mari m’a dit que vous
seriez à la soirée, c’est super
Ils ne sont pas marié, et cela fait qu'un an qu'il se fréquente mais il faut qu'elle marque sa propriété c'est
l'air du temps on se dit amour comme on se dit bonjour ,j'aime pas les gens trop rapidement familier ,il rentre dans votre vie aussi facilement qu'il en sorte pillant et dévastant tout au passage
le daron devrait se méfier.Coup de foudre coup de poudre,rien de grand ne se fait sans la durée .
-Il n’est pas là ?
- Si il arrive ; elle était en train de faire des recherches sur internet, je pose mon livre sur la table
d’entrée à coté du fauteuil et me sers un café, elle sort pour fumer
- Je peux
Elle le prend avec elle, le retournant pour chercher un résumé inexistant sur les éditions de cette
époque
- Il était Académicien non ?
- Oui, nul n’est parfait
- - C’est bien ?
Que répondre à une question pareille, c’est pas un concert de Johnny Hallyday, c’est un livre, Essayer de ne pas
être sarcastique, c'est la femme du patron !
- - C’est écrit !
- - Vous l'avez déjà lu
- - Oui ,je relis toujours les mêmes livres
- - A bon jamais rien de nouveau, pas de littérature
contemporaine ?pourtant il y a des trucs bien
- Le téléphone sonna
m’épargnant une conversation inutile sur une littérature inutile ;j’ai le placard de ma mémoire plein de petits extraits de littérature qui me suffisent pour vivre encore 100 ans j’aime y
revenir pour picorer ces petits morceaux de moi cornés sur les phrases des autres .Je regarde mon fauteuil ,je ne prendrais mon poste qu'à partir de samedi 12 H30, sur la table quelques
revues dont courrier international ,une des revues préférée de mon patron .
- Eux ils vont courir
toute la journée après des nécessités moi je viens pour mon salaire et pour l’organisation de la soirée je l’attend.J’adore attendre.